par N. Gasst
« Prive-moi de mes sens, et tu me prives de vie. Car c’est au travers d’eux que je vis, c’est au travers d’eux que je t’aime. »
Quel magnifique paysage. Je regarde et essaie de retranscrire ce que les mots ne peuvent exprimer. Ceci est un jardin paradisiaque, un Éden… Pur et simple. La petite mare qui se trouve au centre de cet ensemble utopique a la forme d’un rein hébergé par le plus gracieux des bassins. Ce rein est bordé de petits groupes de roseaux en fleurs qui dégagent une odeur d’un délice inhumain.
Sur la rive opposée, une petite plage d’un sable blanc et extrêmement fin se dessine. Chaque grain ne demande qu’à être caressé, d’un pied, d’une main, d’un torse, ventre ou quelque autre partie du corps, auquel il pourrait prodiguer la douce chaleur récoltée tout au long d’une journée à dorer sous le soleil.
Celui-ci se couche, et, sous mon arbre au tronc noir et à la cime d’un vert éclatant qui fut mon abri lorsque l’astre brillait au summum de sa puissance, je suis allongé. L’herbe est aussi belle et douce qu’une toison s’élevant fièrement sur le pubis d’une sainte.
Je hume avec volupté les parfums exotiques amenés aux bords de mes narines par la douce brise, telle la caresse d’une jeune vierge. Ces effluves proviennent des fleurs rares et sauvages qui m’entourent.
Par l’intermédiaire de cette vision unique, des nénuphars sur l’eau parfaitement calme de la petite mare, au groupe de marguerites qui s’épanouissent à ma droite, la nature semble vouloir me faire partager son insondable beauté.
Cette scène, révélatrice de l’esprit artistique, beau et étroitement complexe de son architecte, ne peut qu’être qualifiée de parfaite. Cependant, il y manque une chose encore, afin d’en faire complètement le lieu de mes rêves et de mes fantasmes.
Oui.
Il y manque la mélodie de ta voix, la puissance de ton regard, et l’extrême douceur de ta peau. Il y manque tes caresses brûlantes, tes baisers passionnés et tes sourires rayonnants. Il y manque ton grand cœur, ton esprit majestueux et ton humour unique.
Aussi, dès demain matin, vais-je me lever et quitter ce paradis sur terre. Je continuerai à errer en ce monde impitoyable. Je laisserai derrière moi ce symbole si prometteur d’un moment de répit et continuerai à te chercher, mon amour.
Car, sans toi, le plus exquis nectar se transforme en vinaigre corsé.

ricardo
/ %A %e %B %Yles prose que tu fait laisse passer plus de sentiment mais les vers son plus fluide et doux a lecoite et a la lecture