N. Gasst
« Ce n’est que dans les méandres de la confiance que l’on trouve la véritable amitié. »
« Vous verrez, toutes vos blessures vont cicatriser. »
Ce sont les mots de mon psychologue ce matin. Je n’en crois pas un mot. Non, vraiment, je n’y crois pas.
Ma femme veut partir. Elle veut me quitter, m’abandonner. Il y a quelques jours, je l’ai trouvée inconsciente dans la cuisine. Elle saignait. Plus tard à l’hôpital, elle m’a rendu responsable de son état. Elle a affirmé que ce n’était pas la première fois que je la battais. Bien sûr, elle mentait. Moi battre une femme, ma femme… Impossible.
Mais j’ai eu beau me défendre, deux policiers sont venus me demander de les accompagner pour « m’interroger ». J’étais fou de rage, mais finalement je me suis calmé ; les policiers m’ont relâché avec un avertissement.
Bien plus tard, j’ai appris que Liliane partait avec la petite. J’ai alors appelé Fred et nous sommes allés ensemble chez les parents de Liliane. Je lui ai dit que je ne la laisserais pas m’enlever ma petite fille, et je le maintiens. Fred lui, se tenait à l’écart, l’air sombre comme toujours.
Il est mon meilleur ami. C’est toujours vers lui que je me tourne lorsque les choses me dépassent. Fred est couvert de cicatrices, sans doute ces marques de blessures sont-elles la raison du regard toujours noir de mon ami.
J’ai demandé à Liliane pourquoi elle me faisait ça. Elle a éclaté en sanglots et a voulu refermer la porte. Je me suis interposé et elle a eu un mouvement de recul, comme si elle avait eu véritablement peur. Foutaises !! C’est une sacrément bonne comédienne. D’ailleurs, ça a suffi pour convaincre son père qui s’est levé et m’a menacé avec une batte de baseball. Il m’a dit que je ne ferai plus de mal à sa fille. Fred est intervenu. À ce moment-là, je le croyais encore mon ami.
Liliane a décidé de divorcer, et a exigé que je voie un psychologue avant d’envisager la garde partagée d’Emmylie. Le psychologue est sûrement dans le complot aussi. Après tout s’ils ont réussi à acheter Fred…
Ce jour-là, Liliane et ses parents ont affirmé que c’était moi qui avais agressé son père. Lorsque je me suis tourné vers Fred, il m’a lancé la batte et s’est enfui. Juste au moment où les policiers pointaient leurs armes sur moi. Fred m’a trahi.
J’ai accepté de voir le psy, juste pour être certain que c’était bel et bien un coup monté. Je n’ai pas été déçu. Il a eu le culot de me dire que je devais laisser guérir mes blessures au lieu de les intérioriser. Il veut me faire passer pour un taré. Un taré qui bat sa femme. Elle s’est sûrement liée de sentiments avec Fred. C’est le seul assez intelligent pour planifier tout ça. Je ne les laisserai pas prendre ma petite fille.
En début de soirée, je suis allé voir Liliane à son nouvel appartement. Le juge m’a demandé de ne pas l’approcher, mais au diable le juge, il me fallait des réponses. Lorsque j’ai vu Fred assis là, j’ai été pris d’une rage folle. Liliane a paniqué et a téléphoné à la police.
Et puis soudainement, Fred s’est levé. Il est passé près de moi en tenant dans sa main un énorme couteau de cuisine. Il a murmuré à mon oreille :
« Je vais te rendre ta fille. » Et sur ce, il est allé poignarder Liliane. Sept fois.
Ce n’est que lorsque la police est entrée et m’a trouvé penché sur ma femme, les mains rougies et agrippant l’arme du crime, que j’ai compris. J’ai compris pourquoi Fred avait toutes ces cicatrices. J’ai compris pourquoi mes blessures ne guérissaient pas.
FIN

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