Si vous avez lu quelques uns de mes articles (et j’espère sincèrement que ceci n’est pas votre premier), vous devez commencer à me connaître quelque peu. Je suis un grand amateur de science-fiction et/ou de fantastique, tout ce qui sort un peu de l’ordinaire attire très rapidement mon regard. Je pense que cela a commencé lorsqu’on m’a offert un miroir. (Mais non, un peu d’auto-dérision n’a jamais tué personne.)
Bref, je disais que j’étais un très grand fan de science-fiction ou dans le cas du « Choc des Titans » de fantastique. En fait, si vous décidez de vous lancer dans le cinéma et voulez – pour une quelconque raison – me plaire, écrivez un scénario de science-fiction, ajoutez-y un peu d’action, une promesse de beaux effets spéciaux, un réalisateur qui a fait ses preuves et un acteur en pleine ascension et vous pouvez être certain que je viendrai voir votre film.
Je viens de vous citer les ingrédients qu’il faut, selon moi, pour faire un très bon film. « Le choc des Titans » avait tout cela. En fait, pour être tout à fait honnête, je n’arrive toujours pas à comprendre comment des êtres humains – doués, on le suppose d’un minimum d’intelligence – ont pu s’asseoir dans leurs fauteuils douillets, visionner la version finale du film et se dire: « Ouais, c’est du bon Bob, on s’est surpassés sur ce coup-ci. »
Dieu sait que je ne me lance jamais dans la critique avec légèreté. Ayant moi-même produit une œuvre (utilisé dans son sens le plus commun) de fiction qui a été et sera encore soumis au jugement d’autrui, je sais à quel point la critique peut faire mal. J’essaye, avant de dire ce que je n’ai pas aimé, de citer les points positifs, d’élever au plus haut point – tout en restant honnête – ladite œuvre critiquée avant d’en arriver aux point négatifs. Cependant, j’ai beau creuser ma mémoire – et pourtant cela ne date que d’hier – je n’arrive tout simplement pas à trouver quoi que ce soit qui puisse peser en faveur de ce film.
Je vous assure, je ne comprends tout simplement pas. A mon avis, les différentes personnes investies dans la production ont été toutes frappées d’inaptitude cognitive car croyez-moi, une seule personne lucide aurait suffi pour leur faire entendre raison. Il y a tellement de choses monstrueusement ratées dans ce film que je ne sais par où commencer. Entre le mauvais et le médiocre, mon coeur balance.
Le scénario
Il fallait bien commencer quelque part. J’ai été vérifier, ne me prenez pas pour un amateur tout de même. Non, IMDB est formel, « Le choc des Titans » n’a pas été écrit par des primates en état d’ébriété. Hélas.
Ce film rassemble la plus longue collection de dialogues maladroits de l’histoire du cinéma. Non, j’aimerais que cela soit le cas, mais non, je n’exagère pas.
Le bon sens
Oh, mon Dieu. Il n’y a que deux solutions en ce qui concerne ce point. Soit les créateurs de ce film en sont dépourvus, soit ils pensent que nous, public, le sommes.
Ces gens prennent la peine d’expliquer les choses les plus inutiles et pourtant, ils ne prennent pas la peine d’expliquer pourquoi un des personnages principaux, Io, est si présente. Peut-être se fient-ils au fait que le film est basé sur une mythologie bien connue et peut-être est-ce mon manque de culture générale qui parle ? Je veux bien, je n’ai pas l’arrogance de prétendre être un savant; cependant, je m’intéresse assez bien à la mythologie grecque – sans en avoir fait le sujet d’une thèse quelconque je le reconnais – et pourtant, en allant voir le film je n’avais aucune idée de qui était Io. Hé bien devinez quoi, en ressortant, je n’en savais pas plus. Pour ceux qui veulent en apprendre plus sur Io, suivez ce lien, mais ne vous attendez pas à être éclairé quant à sa présence dans le film.
Bref, admettons, on peut attribuer Io à la créativité des scénaristes – hum, hum – mais et le reste ? Sam Worthington est un bon acteur. Je le sais, j’en suis convaincu. Pourtant, il se traine le long du film, n’a pas le moindre charisme, ne parle que pour dire des mots insipides et franchement inutiles. On a tout le temps l’impression qu’il va se réveiller, on prie pour entendre une voix crier : « COUPEZ ». Non, malheureusement rien de tel ne se produit et le supplice continue.
La mythologie
La seule chose qu’ils ne pouvaient pas – excusez l’expression – foirer. Hé bien si, ils l’ont fait. Pégase n’est pas noir les gars, il n’a jamais été noir et ce changement de couleur n’apporte rien. Rien du tout. (Peut-être est-ce la seule façon qu’ils ont trouvé pour contrer la polémique du racisme à Hollywood, mais les petits loups, Pégase est un cheval … ou presque, personne ne va le prendre pour Denzel Washington !)
Pourquoi ce film est-il appelé le choc des TITANS ? Premièrement, il n’y a aucun choc, un peu de ruse si on veut vraiment faire plaisir, mais pas de choc. Deuxièmement, il y a eu de véritables Titans dans la mythologie, pourquoi n’ont-ils droit qu’à une simple, minable, pitoyable référence ? Alors, qui sont ces Titans dans le film? Les Dieux ? A part Hadès et Zeus, les autres sont relégués au rang de figurants. Sauf peut-être une légère apparition d’Apollon (qui aurait pu être coupée en ce qui me concerne ) peut-être un hommage au roi de la pop, décédé il y a peu de temps ? Bon, je m’arrête ici en ce qui concerne la mythologie… Oh, non, encore une chose. Dans l’histoire originale, Andromède qui devait être sacrifiée à une baleine et non au Kraken, sous les ordres de Poséidon et non de Hadès, se marie avec Persée. J’aborderai encore ceci au prochain point.
L’histoire d’amour
Un tel film se doit d’avoir une histoire d’amour. Cela dit, peut-être est-ce le romantique en moi qui parle et rassurez-vous, je ne me baserai pas sur une telle chose pour construire la critique d’un film. Cependant, je trouve que c’est un élément crucial qui manquait à ce film. Toutefois, une chose que je peux reprocher aux êtres qui ont écrit cette erreur cinématographique, c’est bien leur maladresse quant à la façon dont ils ont abordé ce thème. Pourtant, je ne pense pas que cela soit une décision particulièrement difficile à prendre. Soit on inclus une approche amoureuse à l’intrigue, soit on l’omet, soit on le sous entend subtilement. Si je devais deviner, je dirais qu’ils ont tenté la dernière approche, mais comme ils l’ont fait avec beaucoup d’aspects de ce long métrage, ils ont lamentablement échoué. Vous souvenez-vous de cette chère Io, dont je parlais plutôt, dont on ignore tout et surtout sa présence ? Hé bien, jusqu’au dernier moment, je me demandais si nous, spectateurs, étions sensés la voir comme une potentielle partenaire amoureuse pour le héros, sa tante lointaine, une amie qui manque cruellement d’expression … ou tout simplement cesser de s’interroger sur elle.
Parlons d’Andromède dans ce cas-là. Andromède, qui je vous le rappelle est censée épouser Persée et lui donner une longue descendance … enfin, dans un monde où les gens se soucient un minimum de la référence qu’ils utilisent du moins; Andromède, la belle princesse dont la beauté avait été comparée à celle d’Aphrodite ( peut-être la seule référence authentique, quoique ce ne soit pas la bonne déesse mais à ce stade, on prend ce qu’on nous donne), Andromède qui dès la première seconde à l’écran s’éprend du héros ( pourquoi, on se le demande) et s’en va lui offrir une coupe de vin reçue de sa mère. Pourquoi nom d’un petit canari, une princesse irait-elle offrir une coupe de vin à un prisonnier (quoique, je pense qu’ils voulaient nous faire croire qu’elle l’avait pris pour un membre de la légion, présente dans la salle, peu importe qu’ils portaient tous une belle armure et que lui était habillé de haillons…)
Passons tous ces détails et allons directement à l’une des dernières scènes de dialogue, si on peut ainsi les nommer, juste après que le héros et la princesse, échoués sur une plage se réveillent (oh, quelle belle coïncidence) en même temps (en se tenant toujours la main, ce ne sont pas de petites vaguelettes – non mais ! – de rien du tout qui vont les séparer !):
« Les bateaux viennent pour nous. »
« Non, princesse. Ils viennent pour vous, pas pour moi. »
« Persée, Argos a besoin d’un souverain. » (peu importe que mon père vient de mourir écrasé par la tête du monstre qui était venu me dévorer.)
« Je suis un homme. Pas un roi. Vous ferez une très bonne reine pour Argos. » (Ouais, on a compris Persée, tu veux seulement être un homme.)
Juste après ce moment, absolument pas touchant, Zeus apparaît ( je sais que c’est la Grèce antique, mais quelqu’un s’inquiète-t-il du fait qu’il a violé la mère de Persée afin que ce dernier soit conçu ? Apparemment pas lui, puisque la seule fois où le héros s’oppose à Zeus c’est pour refuser sa place olympienne. Sans ajouter qu’en tant que Dieu, il s’est croisé les bras tandis que le roi qu’il avait abusé exécutait sa reine ainsi que son enfant…
Il faut bien que je m’arrête quelque part et je pense que cela devrait être ici. Et moi qui avait été voir « Le choc des Titans » dans le but de me récompenser après une longue et bonne journée d’étude. Que dire? C’est la vie…
Vraiment rien en faveur de ce film?
Allez, parce que je suis bon prince et que j’aime beaucoup l’acteur principal, je vous dirai ceci:
Si vous comptez ignorer mes conseils et décidez, malgré tout, d’aller voir ce film, au moins regardez-le en V.O rien que pour la façon phénoménale dont Sam Worthington crie: « Come On ! »

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