La princesse et la grenouille, Walt Disney se refait une beauté !

Avant d’en arriver à discuter du film à proprement parler, il faut que je vous raconte l’anecdote qui a conduit à mon intérêt pour « La princesse et la grenouille ».

Malgré le fait que j’ai entendu parler du succès que ce film avait, je me disais tout simplement que j’étais un peu vieux afin de m’intéresser à un conte de fées Disney. Ne vous méprenez pas, je ne me compte pas dans la catégorie des gens qui se qualifient trop vieux pour les dessins-animés, loin de là. Cependant, bien que les Disney aient empli mon enfance de magie et ont ouvert les portes de mon imagination et de mon romantisme naïf, je m’étais convaincu qu’ils devaient rester avec l’innocence de mon enfance.

Oui, j’en arrive à l’anecdote. Il s’agit d’une discussion entre une amie, un autre ami et moi qui s’est déroulée à peu de choses près de la façon suivante.

Nous étions en pleine séance d’exercices de chimie générale (si, si, le lieu et l’activité sont des détails très importants ! hum !) et nous travaillions avec acharnement… d’où la discussion de La princesse et la grenouille. Vous voyez, tout est lié !

Bref, voici ce dont je me souviens de la conversation :

- Disney a frappé fort cette fois-ci, s’est exclamé Sébastien.

- Ah bon, ai-je répondu, pourquoi donc ?

- Tu n’as pas vu le film sur la princesse et la grenouille ?

- Non mais j’en ai entendu parler, c’est bien? A ce moment-là, Valérie, ne pouvant sans doute pas résister à l’histoire d’une princesse et d’un prince charmant, s’est lancée dans la conversation.

- Ah ouais, c’est génial ! Totalement différent de ce qu’ils ont fait avant. Moi, bien entendu, je restais très sceptique. Nous connaissons tous la formule Disney, bien qu’efficace, je l’imaginais difficilement évoluer.

- Et en quoi c’est différent ? ai-je lancé. Son regard s’est alors illuminé, comme si elle avait rêvé que je lui pose cette question et que je venais de tomber dans le piège qu’elle avait élaboré.

- Hé bien, c’est l’histoire d’une fille noire….

- Ouais…

- Donc, la fille, elle est très pauvre et tout… A ce moment-là, je lui réponds que cela correspond à la réalité.

- Lorsqu’elle était petite, sa mère travaillait chez une famille riche et blanche et elle était amie avec leur petite fille… Toujours fidèle à la réalité jusque là, je ne voyais pas où la magie Disney se dissimulait.

- Et c’est ça qui est innovant ?

- Non, c’est toute l’histoire, en fait, dans cette histoire, c’est la fille noire et pauvre qui est l’héroïne, c’est elle qui finit avec le prince à la fin. Ce n’est pas comme tous les autres films de princesses dans lesquels elles naissent riches et belles et finissent tout de même avec le prince. Il y a une vrai morale dans cette histoire. Face à la passion qui résonnait dans la voix de Valérie, au regard approbateur de Sébastien et à la curiosité que ce petit synopsis avait éveillé en moi, je me suis exclamé:

- Cela m’a l’air intéressant. Dès que j’en aurai l’occasion, je regarderai ce film et pour la peine, j’écrirai certainement un article à son sujet.

Et voilà donc ce qui nous amène ici. Je ne peux garantir que la discussion a été transcrite mot pour mot, après tout ma mémoire me fait défaut, mais ce sont les grandes lignes et de toute manière ce n’est pas vraiment ce qui importe. Je suis heureux d’avoir eu cette conversation parce qu’elle m’a permis de voir un des meilleurs films de 2010 et surtout d’apprendre une leçon inoubliable. On est jamais trop vieux pour être enchanté !

Qu’est-ce qui fait la beauté de ce film ?

Je ne vais pas, dans cet article, aborder l’aspect technique et ce pour deux raisons. Premièrement, je n’y connais presque rien en ce qui concerne l’animation traditionnelle et deuxièmement, il n’y a rien de spéctaculaire à ce niveau. Disney est resté relativement fidèle à son style et c’est très bien comme cela.

Alors, qu’est-ce que « La princesse et la grenouille » a de si spécial ? Plusieurs choses que je vais lister ci-dessous:

- Comme l’a dit mon amie dans la discussion un peu plus haut, ce conte de fées met en scène une héroïne noire, certains diraient que c’était à prévoir après un président noir, chose à laquelle je répondrais: Barack Obama n’est pas noir et cela n’a rien a voir avec le film. Il faut reconnaître, du moins c’est mon opinion, que c’est une étape inédite à Hollywood. Je sais, vous allez me dire, euh, ils ont fait Aladdin et bien qu’il n’était pas noir, c’est tout de même un film dont le héros n’est pas blanc. Qu’une chose soit claire, cela dit, mon intention n’est pas de faire un débat sur la couverture raciale au cinéma, certaines personnes se chargent de cela et c’est une chose qui m’agace. Ce que je veux dire c’est qu’au contraire d’Aladdin, « La princesse et la grenouille » est une histoire qui se déroule en Amérique, et qui, malgré tout, gravite autour d’une héroïne noire. Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien, c’est un fait inédit et ça mérite d’être remarqué.

- Autre fait remarquable, ce conte de fées ne se déroule pas « il était une fois dans un royaume lointain … » nous sommes plus proches de la réalité. La jeunesse d’aujourd’hui n’est plus aussi – je ne vais pas utiliser le mot innocente, je préfère « dupe » – et Disney réagit à cela avec brio. L’histoire se déroule en Nouvelle Orléans quelque part entre les années 50 et 90, je n’ai pas fait attention à l’époque, mais ce n’est pas au temps des dragons ni à celui des robots.

- Le prince ressemble à un vrai prince, du moins, au début, ce qui à mon avis est une excellente chose à deux points de vue. De un, nous savons tous qu’une majorité de têtes couronnées sont plus proches du pourri gâté que du vaillant chevalier et en plus, cela donne un exemple aux plus jeunes qui vont s’identifier à lui et à la leçon qu’il va apprendre au long de l’histoire, ils vont grandir avec lui. Notre chère héroïne a aussi une leçon à enseigner, dans la société actuelle, où le seul accent est mis sur la productions de résultats, elle finit par apprendre que travailler au dépens de tout le reste ne rapporte pas que des bénéfices.

- Enfin, la chose qui pour moi a vraiment marqué ce film comme une révolution dans le conte ( non, je ne compte pas Shrek dans cette catégorie !) est le fait qu’n des héros meurt. J’espère ne pas trop en décevoir beaucoup en vous annonçant ceci, mais je ne pouvais pas ne pas en parler. De toute façon, ce n’est pas comme si je vous révélais la fin du sixième sens … La petite Luciole Raymond, se fait écraser (avec un bruit morbide dont on aurait pu se passer ) et bien que je m’attendais à le voir rebondir sur ses petites pattes après un coup de baguette magique (où es-tu Harry, quand on a besoin de toi? ) il est resté bel et bien mort. Là aussi, je pense que c’est une bonne chose. Je suis absolument contre le fait de cacher aux enfants l’existence de la mort. C’est une chose qui fait partie de la vie et le fait de la mystifier comme cela a été fait jusqu’ici ne fait qu’infliger une peur inutile sur les pauvres bambins. Je ne m’en souviens que trop bien. Tant que le sujet est abordé sans violence excessive ni bruitages inutiles dans le cas présent, je pense que la mort doit être incluse dans l’enseignement qu’on transmet aux jeunes. Toutes proportions gardées, cela va de soi.

- Enfin, pour terminer, malgré tous ces changements, ce film reste un conte de fées. La magie Disney est là, le thème du prince et de la princesse est là, l’amour véritable et tous les ingrédients qui ont parfumé notre belle enfance se retrouvent mélangés dans de subtiles proportions dans « La princesse et la grenouille ». Tout est bien qui finit bien, les héros apprennent une belle leçon de vie, les méchants sont punis, l’amour triomphe sur la cruauté gratuite, il y a un beau mariage à la fin et si vous êtes en train de verser une larme pour le petit Raymond, ne vous en faites pas, il brille au ciel aux côtés de son véritable amour: Evangeline.

Quels sont les mauvais côtés de ce film ?

Sincèrement, je ne trouve quelque chose à écrire ici que parce que j’ai regardé ce film avec les yeux d’un adulte. La romance entre Tania et Naveen m’a semblé un peu factice, les scénaristes auraient pu se donner un peu plus de mal pour les rapprocher, même si nous savions tous qu’ils devaient finir ensemble. Mais d’un autre côté, je suis ici, assis devant mon clavier en train d’écrire que la romance entre deux grenouilles était un peu factice… allez savoir qui n’est pas sain d’esprit !

L’autre petit détail concerne le bruitage lors de la mort de Raymond, qui m’a semblé légèrement déplacé sachant que ce film a pour audience principal de très jeunes enfants. On ne peut pas développer un personnage, passer plus d’une heure à le faire aimer au téléspectateur pour ensuite l’écraser sous la chaussure du méchant avec un bruit de… eh bien, ma foi, d’insecte écrasé ! Cela est tout simplement… déconcerant ! Mais je le répète, cela est un détail mineur que la plupart d’entre vous, même de vos bambins, ne remarquerez pas.

A vous tous qui étiez inquiets de voir Disney ne produire que des blockbusters tels que « Pirates des Caraïbes », rassurez-vous, le château bleu est toujours là pour nous émerveiller et faire danser cette petite flamme qui luit au fond de chacun de nous.

VN:F [1.9.1_1087]
Rating: 1.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.1_1087]
Rating: 0 (from 0 votes)
La princesse et la grenouille, Walt Disney se refait une beauté !, 1.0 out of 10 based on 1 rating
Previous post
Leave one

One Response

  1. RT @ndanyuzwe: La princesse et la grenouille, Walt Disney se refait une beauté ! http://bit.ly/b9Lkt6

    VA:F [1.9.1_1087]
    Rating: 0.0/5 (0 votes cast)
    VA:F [1.9.1_1087]
    Rating: 0 (from 0 votes)

Leave a Reply